Pêcher la carpe de façon classique

Pêcher la carpe de façon classique

Bien que sa pêche soit statique, la carpe est un poisson de sport. Sa méfiance, sa malignité et sa puissance font qu’elle est très recherchée par les pêcheurs, amateurs d’émotions. Elle vit en bandes, dans lesquelles les sujets d’un âge différent se mélangent rarement.

La carpe est présente dans toutes les eaux de plaine, courantes ou non ; dans les étangs, sa taille est fonction de la fréquence du vidage – dans les pièces d’eau qui ne se vident pas, elle peut atteindre la plénitude de sa taille -, dans les cours d’eau, même de faible importance, elle se cache de préférence dans les profondeurs encombrées, garnies d’obstacles immergés (rochers, empirrements, végétaux…), parmi lesquels elle se sent en sécurité.

Sa pêche qui, en période fraîche, se pratique au gros ver de terre (lombric) ou au bouquet de vers de terreau, s’effectue surtout de juin à octobre, aux esches végétales : blé, maïs, fève, pomme de terre, pâtes, etc.

La pêche classique

Elle se pratique le plus souvent à deux ou trois cannes.

Le matériel

La canne, à anneaux, sera forte, à emboîtements, d’au moins 4m de longueur pour pouvoir manoeuvrer la prise près des obstacles du bord, avant sa mise à l’épuisette. Des supports de canne fonctionnels sont à prescrire.

Le moulinet, à tambour fixe, sera robuste, avec frein à réglage précis, et sera garni d’au moins 100m de nylon 35/100, à l’extrémité duquel sera fixé un émerillon à agrafe n°3.

Le plombage : en pièce d’eau, il sera réalisé à l’aide d’un plomb coulissant et démontable, d’un poids de 15 à 20g. En rivière, il sera constitué d’un plomb plat à anneau d’un poids de 30 à 50g, monté coulissant en dérivation.

Le bas de ligne sera en nylon de diamètre 30/100, de 1 à 1.50m de longueur, avec boucle d’agrafage fermée par un double noeud, et sur lequel sera monté un hameçon en rapport avec l’esche utilisée : triple n°16 (blé ou maïs), triple n°12 (bouquet de vers terreau ou fève), triple n°8 ou 10 (pomme de terre), simple forgé n°4 à 6 (gros ver de terre ou fève).

La pêche

Les appâts végétaux seront cuits, juste ce qu’il faut pour ne pas éclater lors du lancement de la ligne, soit un bon quart d’heure de cuisson pour les pommes de terre à chair ferme, un trempage pendant 24 heures suivi de cuisson pour blé, maïs, etc.

Pour réussir, il est bon d’habituer les carpes à l’appât que l’on veut leur proposer. En conséquence, après repérage du coup, jetez pendant les quelques jours qui précèdent la première séance de pêche, à la même heure et à bonne distance (au lance-pierres si nécessaire), une ou deux poignées de grains ou de petits cubes de pomme de terre, une petite entière est préférable à un cube découpé dans une grosse. Pour qu’elle tienne bien, on la perfore avec un petit tube (ou une allumette), on enfile la boucle du bas de ligne et l’on tire jusqu’à ce que le triple ait pénétré à l’intérieur.

Pour mordre, la carpe a besoin de calme et, même si elle mord en pleine journée, c’est surtout le matin et le soir que l’on aura le plus de chances d’avoir des départs, en particulier si l’on pêche du bord.

Le départ puissant et rapide de la carpe impose d’assujettir avec soin les cannes car, même si le frein est bien réglé, l’inertie suffit pour qu’elles soient précipitées dans l’eau. La position que l’on donnera à la canne sera fonction de l’élément dans lequel on pêche : canne haute en travers des rivières à courant, canne basse en pièce d’eau, canne allongée sur le sol avec la pointe du scion au ras de l’eau dans les rivières qui changent fréquemment de niveau et qui charrient des objets flottants. Dès son attaque, la carpe part généralement droit vers le large, en pleine eau, ou vers ses obstacles préférés, en faisant chanter le moulinet. Il faut alors intervenir sans perdre de temps, serrer le frein qui été réglé à moitié de la résistance du bas de ligne, maintenir la canne haute et essayer de garder le contact en récupérant rapidement si elle revient vers la rive. Si c’est une belle pièce, la bagarre risque de vous paraître longue avant sa mise dans l’épuisette, laquelle aura un manche assez long (2m), des branches de 0.70m et un filet (mailles normales) de 1 m de profondeur. S’il s’agit d’une prise de plusieurs kilos, ne soulevez pas l’épuisette pour la sortir de l’eau, mais tirez-la vers vous pour éviter une fatigue excessive et inutile de vous-même et du matériel.

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